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21 octobre 2006

Réveil - Partie deuxième

Je suis assis dans mon lit. Les jambes encore sous les draps blancs froissés. Drôlement froissé, moi qui pourtant n’avais pas bougé depuis quoi? Quelques années, quelques mois, quelques secondes? Qu’en sais-je?

Je suis assis – dans ma tête, assurément, puisque mon corps est, je le sens, encore trop lourd et distant – et je regarde encore autour de moi. Le temps s’étire et coule, mais rien ne bouge autre que moi. Je reste longtemps assis comme ça. Des minutes, des heures, des jours, peut-être même des semaines, voire des mois ou des années. Mais rien n’agit. Rien ne se passe. Je sens le long désordre en moi balbutier quelque chose, mais les idées en moi se bousculent encore et virevoltent dans tous les sens. Rien ne bouge, rien autour, rien dedans. Et pourtant, je suis assis. Ou je crois que je suis assis. Et j’attends. J’attends je ne sais quoi, pour je ne sais pourquoi. J’attends parce que je n’ai rien de mieux à faire. Parce que mes jambes ne bougent pas, que mes bras restent mous, que ma tête tourne sans tourner.

Est-ce que j’existe encore? Est-ce que je suis vraiment cloué dans ce lit? Est-ce que je suis vraiment ici? Ou alors encore pris dans cet ailleurs, très loin d’ici, très loin de moi?

Soudainement, je me sens fatigué. Si fatigué. J’ai envie de m’endormir, mais quelque chose me retient. Quelque chose d’indicible, comme une vérité fondamentale qui me dit que je devrais rester éveillé. Parce qu’au dehors de moi règne la vérité et que, si je m’endors, je risque de ne jamais la saisir.

*
* *

Il n’y a aucun mouvement. C’est le plus aberrant. Je me serais attendu à quelque chose, à un frémissement, à un frôlement de l’air, à un petit tremblement. Mais il n’y avait rien de tout cela.

Il n’y a non plus aucun son. Pas le moindre frémissement, pas le moindre frottement. Je me serais attendu au pire à un maigre chuchotement d’air, à la ventilation, à des pas, quelque part, de l’autre côté de cette porte blanche, à des rires ou des pleurs, à quelque chose pour ébruiter les pensées qui voguent sans attache en moi. Mais il n’y avait rien de tout cela.

J’attends donc que quelque chose se passe. Mais je sais que je peux attendre encore longtemps. Au mieux, j’attends encore une éternité, au pire rien n’arrivera jamais.

*
* *

Finalement, quelque chose est arrivé. Certes, ça a pris un temps considérable – ou alors, tellement peu de temps, qu’en sais-je encore – mais finalement il y a eu quelque chose. Ça a d’abord jailli en moi. Comme un mouvement incontrôlable, irréfrénable, mais qui a fini par ressurgir du plus profond de ces idées qui calfeutraient ma tête et mon esprit dans un mélange imperceptible.

Et c’est jailli tout d’un coup, et de là le mouvement est né et le son est venu.

Au coin de ma conscience, ça s’est blotti là, une larme, cherchant un refuge à la folie qui en dedans venait de perler. Puis, c’est venu plonger plus bas, une larme, de l’œil longeant la joue, puis s’étirant longuement jusqu’au drap. Et là, j’ai vu tout de suite son mouvement qui, voguant dans les airs pendant un court moment, est allé s’abîmer dans le blanc du drap entre mes genoux.

Et c’est comme ça que je me suis aperçu que je pleurais.

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Réponses à l'appel "Réveil - Partie deuxième"

 

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